mardi, 22 mai 2007

Le secret de la matiere

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lundi, 14 mai 2007

Les rêves vs ce rêve bleu

Le Rêve
Conférence à Prades , le 3 mai 1977
(retranscription directe, non corrigée par l'auteur)

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Mes chers amis, portés par cette double vague, celle qui monte à ma droite et celle qui monte à ma gauche je veux tâcher de répandre dans la mesure de mes doubles moyens un peu de la sagesse, non pas personnelle mais de la sagesse des grands Maîtres de l'humanité qui, pareils à des phares flamboyants, jalonnent la route des millénaires. Depuis environ 4000 ans, on les voit surgir du fond des âges. Ce sont parfois des tours de lumière et des arbres de vie éternelle. Ils ont fondé toutes les religions. Ils ont également fécondé toutes les métaphysiques et ils apportent actuellement, à l'heure où l'humanité pourrissante s'achemine vers le déclin du monde, des germes d'espoir et des flamboiements de splendeur.

Ces Maîtres ont en quelque sorte approfondi la nature de l'homme et la nature du monde. Ils ont effectivement su que dans l'univers tout entier il y avait essentiellement l'image d'un arbre. Et cet arbre c'est d'abord le grand arbre séphirothique. Vous le voyez, il se dresse dans l'abîme et il porte des fruits de vie ; et il y a aussi le grand arbre de la colonne vertébrale qui peut-être l'arbre du bien et du mal.

Nous sommes comme vous le voyez un organisme extraordinairement subtil. Cet organisme est composé d'une colonne centrale autour de laquelle montent deux serpents : 2 serpents de feu, Ida et Pingala, qui sont les deux forces éternelles : le Yang et le Yin, la puissance et l'amour, la sagesse et l'illumination, la profondeur et la hauteur, l'homme et la femme, le conscient et le supraconscient. Tout ceci monte le long de notre colonne vertébrale ce qui fait que lorsque ces deux serpents de feu atteignent la hauteur de l'arbre de vie, qui est très exactement notre corps fluidique, notre corps astral, notre corps transparent, ils éveillent ce que l'on appelle le Surmoi.

Le Surmoi a déjà été entrevu par Freud qui, image lointaine des sagesses primordiales, l'a rabaissé au rang de la sociologie. Le Surmoi n'est évidemment pas simplement un petit réceptacle de morale traditionnelle et d'enseignements moraux apportés par la famille. Il est tout autre chose. Il est essentiellement le soleil éclatant d'où jaillissent comme trois rayons flamboyants : l'inspiration, l'illumination et l'intuition. C'est notre moi réel, notre moi profond, notre moi éternel.

Nous avons l'habitude de nous croire enfermés dans un corps. C'est là le péché originel. Je voudrais même dire péché contre l'esprit. Nous avons l'habitude de croire que nous sommes un corps. Il est parfaitement inexact de croire que nous sommes un corps. Nous sommes avant tout un esprit, un esprit éternel, et on retrouve cette idée dans toutes les religions de la terre.

À commencer par l'Ancien Testament qui nous dit : « Vous êtes des dieux. Vous êtes tous des enfants du Très-Haut. ».

À continuer par le Nouveau Testament qui nous dit avec saint Paul : « Savez-vous que vous êtes le temple de Dieu et que l’esprit de Dieu habite en vous ? »

Continuons avec Bouddha qui prétend qu'il y a en nous un Soi éternel qui domine les mondes et les dieux. Continuons avec Krishna qui nous dit également que nous sommes Dieu, Dieu lui-même dans toute sa splendeur : « Tu portes en toi un ami sublime qui est ton moi profond et éternel ». Croire que nous sommes un corps c'est le propre des périodes décadentes. Le corps n'est tout au plus que le reflet des forces grandioses de l'esprit. Et ce reflet sera d'autant plus brillant que notre esprit divin sera plus lumineux.

Mais comment s'exprime cet esprit ? C'est évidemment le maître suprême, le seul que nous puissions connaître. Il s'exprime par la recherche intrépide de la Beauté, de la Vérité, de la Justice et de l'Amour. Et, au fur et à mesure que nous montons au flan de la pyramide géante dont la base se case sur toute la terre et dont la cime pénètre jusqu'aux hauteurs flamboyantes des cieux, et bien, au fur et à mesure que nous montons les gradins, des facultés nouvelles se réveillent en nous.

Actuellement, après la triste période de matérialisme pratiquement absolu que nous avons traversée, on aperçoit tout de même d'étranges flammèches qui montent et brillent. Et ces flammèches s'appellent : Elles se sont d'abord appelées la métaphysique et cela s'appelle maintenant la parapsychologie. On s'aperçoit avec ahurissement que l'homme dépasse de beaucoup son organisme physique. On s'aperçoit par exemple qu'il est capable de sonder le passé, qu'il est capable de sonder l'avenir, qu'il est capable de sortir de son corps et qu'il possède d'étonnantes facultés merveilleuses qui se manifestent parmi nous et nous font prendre conscience de la supériorité de notre esprit. Vous avez dans toutes les religions d'ailleurs ces phénomènes. Et je vais m'appesantir aujourd'hui sur le phénomène le plus subtil, le plus curieux, si l'on peut dire, et le plus inconnu : ce qu'on appelle le rêve.

Le rêve ou le songe est un phénomène fondamental. On a pu constater effectivement que si l'on empêchait quelqu'un de dormir, donc de rêver et bien il ne tarderait pas à perdre ses forces et à entrer dans les royaumes de la mort. En réalité le rêve est une nécessité fondamentale. Nous rêvons toutes les nuits. Il y a là-dessus deux théories que je vous donne. Vous choisirez celle qui vous plaira. La première est en somme celle de Descartes qui prétend que nous rêvons toujours et qu'il est impossible de fermer les yeux sans immédiatement plonger dans l'océan multicolore du rêve. Car le propre de l'âme, nous dit Descartes, est d'être une substance pensante. Et elle ne peut jamais cesser de penser. Et vous avez la théorie, mettons des métapsychiques, plus exactement des psychologues modernes d'après laquelle il y a en nous des périodes de rêve et des périodes de non-rêve qu'ils essaient de démontrer par la différence des ondes qui jaillissent de notre cerveau. La démonstration ne me paraît pas absolument certaine car il peut y avoir effectivement des zones de rêves que nous pouvons appeler “calmes” et des zones de rêves intenses.

Il me semble que la première théorie, celle du Rose-Croix Descartes (Descartes est un personnage étonnant qui est absolument l'opposé de tous les Cartésiens qui le suivent) et bien l'impression du Cartésien Descartes me paraît beaucoup plus près de la vérité. C'est d'ailleurs lui-même qui prétendait que l'âme est logée dans la glande pinéale et nous savons fort bien que cette petite glande à l'intérieur de notre cerveau est pratiquement l'organe de l'intuition. Descartes savait ceci et il savait même autre chose.

On peut dire que Bergson, lui aussi, fut à ce moment l'héritier de Descartes tout en étant d'apparence absolument opposée, lorsqu'il prétend que l'âme flotte autour du corps et le dépasse incommensurablement. Il compare le corps à un clou vissé dans la muraille et l'âme à un immense manteau suspendu à ce clou et qui flotte en vastes plis tout autour. Effectivement, à ce moment-là, que se produit-il ?

Nous parlons à travers notre cerveau. Or, notre cerveau est un instrument particulièrement limité. Il est particulièrement étroit. C'est un instrument de filtrage. Loin de dire que c'est le cerveau qui nous fait penser, nous dirons plutôt le contraire : Que le cerveau est l'instrument imparfait d'une pensée colossale. Elle se sert du cerveau comme elle peut, et d'ailleurs, remarquez qu'elle commence à peine à s'en servir puisque nous avons 10 milliards de cellules pyramidales dans notre cerveau et que tout au plus nous nous servons d'un milliard. Il y en a donc 9 milliards qui peuvent se manifester et elles se manifestent, l’âme se manifeste à travers elles, en rêve par exemple et lorsqu'elle arrive à découvrir des choses absolument prodigieuses.

D'après Bergson, précisément parce que le corps dans le sommeil est rempli d'immobilité et a cessé ses activités utilitaires, c'est à ce moment-là que l'âme découvre ses merveilleuses profondeurs. Et c'est dans le sommeil, dans le rêve que nous pouvons communiquer à peu près avec tous les êtres. Je prétends qu'il n'y a pas un seul être humain qui n'ait eu, au moins dans le rêve, un phénomène de télépathie ou un phénomène de prémonition. Mais comme nous sommes assez ignorants, quand cela arrive, nous parlons de coïncidence ou bien nous prétendons que cela n'a aucune espèce d'importance et si cela nous gêne un peu trop, nous l'oublions.

Je peux vous raconter une anecdote assez amusante. Il s'agissait d'un personnage que vous ne connaissez pas et qui, une belle nuit, rêve qu'il rencontre, ici, à Perpignan, au pied de la statue Arago, un de ses amis qu'il n'avait pas vu depuis 10 ans. Il rencontre cet ami en rêve et cet ami lui dit : « Tu vois, j'ai perdu ma femme l'année dernière dans un accident de voiture. » Il ne savait rien de ce mariage. Il voit venir l'ami qu’il avait vu en rêve et qui lui dit très exactement les mêmes paroles : « Et bien, je me rends compte maintenant que je suis malheureux parce que j’ai perdu ma femme il y a un an dans un accident de voiture. »

Le personnage qui a fait ce rêve était un rationaliste pur et, ce qui est plus grave, un matérialiste pur ; c'est son droit le plus strict : seulement la raison est beaucoup moins vaste que l'âme et le matérialisme n'englobe que la huitième partie de l'univers, alors il n'était pas armé pour comprendre ceci. Le choc a été tellement fort qu'il a été immédiatement chez un psychiatre, se croyant réellement fou. Le psychiatre heureusement l'a détrompé. Effectivement il a eu une certaine chance...

En dehors de cela il y a me semble-t-il tous nos rêves. Ils sont connus depuis la plus haute antiquité. Au XIXème siècle on croyait qu'il s'agissait d'une activité dansante et farfelue des cellules nerveuses. Selon cette théorie, par conséquent, le rêve était contradictoire, absurde et incohérent et n'avait aucune espèce de signification.

Ensuite, est venu Freud. Freud prétend très justement que le rêve est la voie royale qui nous permet de pénétrer à l'intérieur de notre inconscient car dans le rêve s'organisent - toujours d'après Freud - essentiellement nos désirs non réalisés. Toujours d'après lui, nous avons au fond de notre inconscient deux monstres aux beaux noms grecs : Eros et Thanatos, c’est-à-dire l'amour (plutôt la luxure) et la mort (le désir d'agressivité). Il est certain que Freud a découvert une très jolie chose, mais il n'a découvert tout au plus que deux éléments sur les sept qui composent d'une manière profonde l'architecture intime de notre âme. On cite quelques exemples à l'appui des théories freudiennes.

Par exemple, un philosophe américain nous cite la fameuse histoire que vous connaissez peut-être : L'histoire de la femme qui rêve qu'elle entre dans une boutique où il y a un très beau chapeau. Elle l'essaie. Ce chapeau est noir et il lui sied à merveille et par-dessus le marché il coûte très cher. Effectivement, aidée par une psychanalyste, elle finit par découvrir qu'elle avait un mari encombrant, vieillissant. Et elle espérait que le mari disparaîtrait bientôt et qu'elle pourrait épouser un autre homme plus jeune et plus riche. Là, tous les éléments se retrouvent admirablement dans ce simple rêve. Et le chapeau noir qui lui sied à merveille...

Le malheur, c'est qu'il ne nous a pas dit, il s'en est bien gardé, que le mari est mort quelques temps après. Car là, cela aurait été effectivement autre chose. Ce n'est plus un simple désir mais c'est nettement une prémonition. Or, effectivement, à l'intérieur de nos rêves, il y a une multitude de prémonitions. On peut dire si vous prenez la peine de les noter, que vous verrez à chaque instant des prophéties, des prévisions, qui passent immédiatement d'un jour à l'autre, d'une semaine à l'autre, d'un mois à l'autre, d'une année à l'autre.

Je vous ai cité l'exemple - cela m'amuse de vous le rappeler, l'exemple de mon ami Lucien FERRIERE qui, actuellement, a quitté la lumière du monde pour rentrer dans la lumière de l'ultra monde. Ceci s'est passé vers 1952 je crois. Effectivement je venais de faire un rêve que j'avais heureusement noté : Je voyais devant moi apparaître un homme petit, chauve, au teint rouge et avec une petite moustache à la Charlot. Et il était en rouge, un rouge magnifique, un rouge aussi rouge que possible. Il me dit : « Je suis un yogi ». Je regarde sa petite moustache à la Charlot, ses yeux, ses yeux un peu éteints, son cou plutôt de taureau que d'archange et je me dis : « pour un yogi, il ne paie pas de mine. » Alors il se dresse tout droit, lève ses deux bras au ciel et me dit : « Je m'appelle Ambidextre et quand je lève les bras au ciel, je suis un dieu. » Effectivement, je note ceci et n'y pense plus.

Et une année après, avec mon ami Van Dick, nous faisons venir un hatha-yogi, un des premiers hata-yogis sans doute, de France à cette époque-là, chronologiquement parlant et qui s'appelait Lucien Ferrière. Et lorsque nous sommes allés le voir, j'ai vu un homme petit, trapu, d'un rouge extraordinaire, une petite moustache à la Charlot, brun... Mon rêve absolument craché ; j'ai voulu savoir à la suite pourquoi « ambidextre » et un beau jour effectivement je le lui ai demandé car je venais de lire Pierre Neuilly. Pierre Neuilly dans son livre « Postures et respirations du Hatha-yoga » [de C. KERNEÏZ Éditions J. Taillandier (Montrouge) - 1951], et surtout dans son livre « Le Yoga de l'Occident » [de C. KERNEÏZ Éditions Adyar (Paris) - 1938], explique que nous sommes divisés en deux : l'homme droit et l'homme gauche. C'est maintenant devenu classique. Actuellement je crois qu'à peu près tous les biologistes l'admettent.

Notre cerveau droit commande au côté gauche de notre corps et notre cerveau gauche commande au côté droit. Et c'est peut-être ce qu'en un certain sens, on pourrait appeler, mais très très superficiellement : le conscient et l'inconscient. Ce qui fait que si nous voulons explorer les profondeurs infinies de notre inconscient, il faudrait commencer d'après Ferrer par être ambidextre.

Je commence à demander à Ferrière : « Est-ce que vous connaissez Pierre Neuilly ? » Il me répond immédiatement : « Oui, c'est mon Maître, et c'est lui qui m'a appris les profondeurs du Hata Yoga. » Alors, en somme c'est très exactement ce que j'avais rêvé : « Je m'appelle Ambidextre... » Et quand je lève les deux mains au ciel, lorsque j'ai réalisé l'unité de l'homme droit et de l'homme gauche, je crée une nouvelle manière de voir, une nouvelle manière de penser, une nouvelle manière de comprendre et je suis un dieu.

Tout ceci correspondait admirablement à ce que j'avais rêvé une année auparavant. Je vous rappelle, si cela vous amuse, en tous cas pour ceux qui ne le connaissent pas, quel fut mon second contact avec lui en dehors de cela : Il était alors dans la salle du prisonnier et il parlait d'une petite voix sourde de choses prodigieuses, des 5 sagesses du Tibet et du Tantrisme. Il les connaissait d'une façon merveilleuse sur les 5 doigts de la main. Et nous l'écoutions, charmés. Là-dessus, il disparaît dans les couloirs, puis il revient pratiquement nu pour nous dire que la position de repos dans le Hata-yoga est de se mettre sur la tête. Et c'est bien ce qu'il fait. Il se met sur la tête. Le tableau était hallucinant. C'était un homme entièrement rouge. On distinguait à peine sa tête et on voyait surtout ses jambes qui s'agitaient. On avait l'impression d'avoir à faire à un homme décapité. Et cet homme décapité s'exprimait d'ailleurs dans un langage excellent bien qu'en posture.

Il a continué sa conférence sur la tête. Ensuite il s'est remis sur ses pattes de derrière, a repris sur la table la position du lotus et a continué en déclarant qu'il allait jeter le Prana sur la troisième rangée. Il demanda à la troisième rangée de se lever et d'avancer la main. Tout le monde l'a fait. Moi, j'étais à la quatrième rangée, à côté d'une dame et d’un docteur et je leur dis : « Nous pourrions peut-être essayer de voir également si le champ pranique nous poussera ». Effectivement tous ceux qui s'étaient levés ont senti à l'intérieur de leurs bras et de leurs paumes un choc électrique et nous trois, derrière, nous avons senti la même chose. C'était donc effectivement un être capable de capter l'énergie et de la rejeter au dehors. C'est à ce moment-là que j'ai regardé avec mon troisième œil, c'est-à-dire avec la glande pinéale qui est endormie depuis des milliers d'années mais qui peut parfois se réveiller. Et je me suis demandé : « Est-ce un authentique Yogi ? »

À ce moment-là, j'ai vu (ce fut d'ailleurs la seule vision) sortir de sa tête deux énormes cornes d'or. Elles étaient magnifiques. C'était bien la première fois que je voyais ce signe : un homme-taureau aux cornes resplendissantes de feu.

Après sa conférence, je suis allé le rejoindre, c'était au café de « La Loge » en face de la mairie. Vous y étiez avec tous nos amis et il y en avait d'autres. Il y avait une place à côté de Ferrer. Je m'assieds dans cette place libre et sans lui laisser le temps de respirer je lui dis immédiatement : «À quel signe reconnaît-on quand on voit l'aura si véritablement on a affaire à un initié authentique ? » Alors, il me fixe tranquillement droit dans les yeux et me répond : « On voit sortir de sa tête deux cornes d'or ». C'est très exactement ce que j'avais vu et vous ne trouverez ceci, comme je vous le signale, dans aucun livre de Yoga.

Vous le trouverez quand même dans la Bible : lorsque Moïse descend du Sinaï, il descend avec deux choses brillantes sur la tête. C'est le même mot hébreu qui veut dire à la fois « corne » et « rayon ». Et on représente effectivement Moïse, tantôt avec deux cornes de bélier, tantôt avec deux rayons qui sortent de son front. C'est la marque du Maître ou tout au moins d'un initié authentique.

Alors, ces fulgurantes visions de l'avenir, je vais vous en citer d'autres : par exemple, je m'étais demandé, à un moment où les choses allaient mal, s'il y aurait la guerre. Je me suis endormi avec cette idée, cette demande dans le crâne. J'ai vu se dresser devant moi une cave remplie de poudre. Et en face de cette cave il y avait une figure, une jeune femme blanche, solennelle, souriante, l'air sévère malgré tout et drapée de blanc... J'ai compris que c'était la fée. Et devant elle, des flammes se sont emparées de la cave, des tigres ( ?) ont disparu dans la flamme. J'ai cru comprendre, c'était net dans ma pensée que les dangers de guerre cette année encore ne se déclencheraient pas. Malheureusement - c'était un peu avant 39 (1939) - ils se sont déclenchés l'année suivante.

Au commencement de 1939, je connaissais alors deux jeunes femmes. L'une a eu un rêve extraordinaire : elle se voyait en train de chevaucher un cheval noir et ce cheval noir parcourait toute l'Europe. Elle était la femme du diable. Elle tendait le bras à sa droite et chaque fois qu'elle étendait le bras, elle voyait des villes en proie à l'incendie disparaître au milieu d'un fracas effrayant.

Et sans qu'il ait eu communication consciente entre elles, l'autre jeune femme avait fait très exactement le même rêve. Avec une différence : elle n'était pas la femme du diable, mais sa sœur. Elle était également sur un cheval noir. Elle étendait son bras vers l'Europe et les villes flambaient au fur et à mesure de la chevauchée fantastique. Il y avait me semble-t-il une marque très nette des catastrophes qui allaient s'abattre sur l'Europe. Tout ceci, qui se traduit réellement est incompréhensible par le simple freudisme.

Il faut aller plus loin et admettre, par exemple avec Jung qu'il y a l'inconscient universel et que, dans cet inconscient universel, existent, pareils à des statues d'or inaltérable, des archétypes et qu'à travers ces archétypes qui se reflètent dans les choses, dans l'inspiration artistique et poétique, dans l'illumination du sage, dans l'intuition du philosophe et du savant, dans les rêves, dans la folie, dans les religions et dans la mythologie, et bien dans ces archétypes jaillissent d'immenses rayons créateurs qui fécondent l'humanité entière.

Il faut également admettre que, si l'inconscient universel existe, il n'y a pas que l'inconscient universel qui existe, Jung le savait, mais Jung n'a dit qu'une partie de ce qu'il savait. Il a déclaré à un certain moment dans ses mémoires, quelque chose de tout à fait remarquable : c'est qu'alors qu'il se trouvait dans sa tour solitaire, qu'il s'était recueilli et qu'il méditait ses plus grandes œuvres, il avait l'impression d'être l'archidieu, l'alchimiste dont la tête était couronnée d'un amas inconcevable de siècles. Et effectivement il était en accord avec les vibrations les plus hautes du cosmos.

Il y a dans l'inconscient universel une série de pensées. Nous sommes en train de baigner dans un océan de pensées : les pensées des autres, les pensées conscientes nouvelles, forment un énorme fleuve et nous nageons à la fois dans l'état de veille et dans l'état de rêve au milieu de ce fleuve. A ce moment là, des images, des reflets, des sens, frappent nos rêves comme cela peut frapper notre état d'éveil. Nous voyons fréquemment que c’est une chose qui provient de nous-mêmes. Or, nous sommes la plupart du temps des récepteurs, des récepteurs de la pensée de l'humanité tout entière. Il faut d'ailleurs ajouter à ceci qu'au-dessus de l'humanité il y a les Maîtres de la sagesse, qui comprend la couronne éclatante des mages, le palais grandiose de la surhumanité. Ces Maîtres déversent perpétuellement sur la terre des pensées d'amour, de sagesse, de beauté, de joie et de force et nous les captons comme nous pouvons. C'est à ce moment-là que des petites filles comme Minou Drouet, par exemple, seraient capables de créer d'admirables poèmes et que brusquement un homme ordinaire écrit un chef-d’œuvre. C'est parce qu'il est arrivé à un degré de perception et de vibration suffisant.

Mais ce que nous voyons actuellement et ce que Freud a entrevu, ce que Jung, Bergson et Platon, bien avant eux, ont expliqué d'une manière magistrale et géniale, nous le retrouvons dans tous les livres saints de l'humanité. Et je voudrais vous parler aujourd'hui d'un livre saint particulièrement méconnu qui s'appelle La Bible.

La Bible est un composé de traductions incohérentes, souvent de folies sanguinaires. Mais il n'en reste pas moins vrai que parmi les dizaines de livres dont se compose la Bible, il y en a certains qui sont écrits par des initiés. Comme preuve, je vous dirai toute l'histoire qui est consacrée à Joseph.

Joseph était particulièrement l'inventeur et le découvreur des rêves. Il est parfaitement curieux de retrouver dans la Bible en somme, très exactement une interprétation des rêves. Alors, on me dit que c'est Dieu qui donne l'intelligence des rêves. Nous n'avons qu'à comprendre que c'est Dieu ou plus simplement le Soi supérieur qui plane comme un aigle de feu au-dessus de nos têtes. En réalité, nous sommes composés comme vous le savez d'un inconscient, d'un conscient et d'un supraconscient et c'est de ce supraconscient, mère éternelle du génie et de la sainteté que nous devons nous emparer par l'élan hardi de notre conscience. C'est le travail des siècles et c'est le travail de notre vie terrestre. Tant que nous ne l'aurons pas accompli nous reviendrons sur terre. Et s'il faut revenir des millions de fois nous reviendrons des millions de fois. Mais la leçon doit être apprise. Car, rappelez-vous cette image assez amusante qu'avait inventée, je crois, un sage du XIXème : Le matin, nous sommes des petits enfants et nous allons à l'école et le maître d'école qui a un grand triangle de lumière au-dessus de sa tête avec un œil et qui est Dieu nous dit : « Voilà ton travail pour la journée : tu apprendras, mettons, le décalogue ». Et le soir, tout tremblotants, nous ouvrons la porte qui, cette fois est noire alors qu'au matin elle était brillante d'aurore, et nous lui apportons notre pensum. Si nous avons appris le décalogue, ça va. Il nous ouvre derrière lui une porte grandiose et nous entrons dans un palais enchanté.

Nous nous apercevons que nous ne sommes plus des hommes, mais des dieux. Si nous n'avons pas compris, il nous dit : « Mon petit, tu as compris le premier (Ne tuez pas, par exemple) mais tu n'as pas compris les neuf autres. Alors, recommence ». Notez que, comme cela, il nous suffirait de neuf vies et ce serait parfait. Mais c'est déjà pour des êtres initiés.

Alors effectivement, si nous sommes en contact avec le Moi suprême, avec notre Soi, nous pouvons peut-être découvrir le sens de la plupart des messages secrets que nous appelons les rêves. Et tous les rêves ont une signification. C'est le grand message de Freud. Il a compris parfaitement que ce n'était pas des images contradictoires mais qu'il y avait un sens dans notre rêve. Il n'a pas été plus loin. Il n'a pas compris ni la télépathie, ni la prophétie, ni le dédoublement mais enfin il commençait à ouvrir admirablement les portes du temple.

Or, Joseph, que signifie Joseph ? Amusons-nous par exemple à faire un peu de Kabbale. Mais c'est facile : remplaçons le « J » par « I ». C'est l'enfance de l'art puisque ce sont les mêmes lettres. Vous avez « soi » et vous avez « feu ». Joseph, c'est le « feu de soi ». C'est l'être qui est capable de comprendre le Soi supérieur qui est en lui et lui donne d'ailleurs son magnétisme exceptionnel. On le retrouve dans toute cette histoire de Joseph qui a l'air d'être un conte mais qui est peut-être dans la réalité la traduction de la vie d'un véritable initié. Celui qui connaissait les profondeurs de l'inconscient.

A quelle époque a-t-il vécu ? Personne ne peut le savoir. Nous pouvons admettre qu'il aurait vécu peut-être vers 1500 avant J.C. Les citations de l'Ancien Testament ont ceci de particulier qu'à 300 ans près, on ne sait pas exactement à quelle époque on peut placer tel ou tel héros. Alors Joseph vivait vers 1500 avant J.C., à l'époque, peut-être, du pharaon Hyxos. Son père, Jacob, avait 12 fils. Joseph était le plus jeune. Mais enfin, je veux dire que, très probablement ceci pourrait bien être une symbolique astrologique. Il n'est d'ailleurs pas absolument sûr que le symbolisme astrologique ne cache pas une réalité tangible.

Prenons par exemple un être aussi historique que Napoléon 1er. On retrouve dans sa vie exactement la course du soleil à travers les 12 signes du zodiaque. Par conséquent je crois que ce serait une très mauvaise méthode que d'affirmer que parce qu'une chose à l'air d'être symbolique, elle ne soit pas vraie. En réalité, il y a d'abord le domaine des idées, puis le domaine des images et enfin le domaine des faits. Et les faits traduisent les idées. Les 12 signes du zodiaque, on les retrouve bien dans la vie d'Hercule. On les retrouve aussi dans la vie de Napoléon. Vous le voyez notamment affublé de 12 maréchaux de France et de 7 frères et sœurs et c'est exactement comme le soleil avec les 7 jours de la semaine et les 12 signes du zodiaque. Nous le voyons naître d'ailleurs de l'Orient : sa première campagne est en Italie, la deuxième dans le pays du soleil, en Egypte. Et il a disparu du côté de l'Occident, à Sainte Hélène, dans les mers occidentales du monde, comme le soleil qui se couche au lieu de son flamboiement permanent. Effectivement, il était l'image même du soleil comme tous les grands initiés et aussi les hommes représentatifs. Napoléon n'est pas un grand initié, mais c'est un homme exceptionnel et sur lui, il y avait la marque des 12 signes du zodiaque.

Revenons aux 12 fils de Joseph, pardon, de Jacob. Ils sont effectivement une incarnation, non pas irréelle ou intangible, l'incarnation des 12 signes du zodiaque. Joseph avait quelque chose de particulier. Il était le plus jeune et par-dessus le marché, il était doué d'un rayonnement magnétique incomparable. A tel point que son père le préférait à tous ses autres fils. Et pour marquer sa préférence, il lui avait donné une robe brillante de 1000 couleurs. Je rappellerai d'ailleurs que cela peut avoir un magnifique symbolisme. Cette robe brillante de toutes les couleurs de l'arc-en-ciel pourrait bien être l'image du Moi suprême. Lorsque vous voyez l'aura d'un être, vous voyez une multitude de couleurs. Mais si vous voyez un être intégralement réalisé, vous voyez en lui toutes les couleurs de l'arc-en-ciel dans un resplendissement surhumain.

Enfin, quoi qu'il en soit, cette robe commence par attirer la jalousie de ses frères. J'ajoute que Joseph, à ce moment là, avait 16 ans et si vous voulez que nous interprétions au feu de la Kabbale tarologique : 16 représente la tour décapitée par la foudre. C'est-à-dire l'image des catastrophes qui, brusquement, s'abattent sur quelqu'un, à cause, la plupart du temps, de ses imprudences.

Et quelle fut l'imprudence de Joseph ? Effectivement cette année-là, à 16 ans,, il a perdu absolument tout et il a failli perdre la vie. Alors, quelle fut l'imprudence de Joseph ? Et bien, c’est très simple. Il commença par rêver et il rêva qu'il était en train de travailler dans un champ avec ses frères et que sa gerbe de blé se dressait, majestueuse, tandis que les gerbes de blé créées par ses frères s'inclinaient respectueusement devant elle. Il eut l'imprudence de le leur raconter et ses frères lui dirent : « Toi, petit chenapan, si tu t'imagines que tu seras notre roi et que nous allons nous prosterner devant toi, non ! ». Il ne dit rien et continua son travail.

Il fait alors un autre rêve et dans ce rêve il voyait que la lune, le soleil et les étoiles s'inclinaient devant lui. Il eut l'imprudence de le dire. Cette fois-ci, ce fut non seulement ses frères mais également ses parents : “Comment, penses-tu que tu seras notre roi et que nous nous inclinerons devant toi ?” Mais comme son père l'aimait, il oublia tout ceci. Et puis, comme ses 11 frères étaient en train de travailler dans les champs, le père dit au plus jeune fils, c'est-à-dire Joseph : « Va voir ce que deviennent tes frères et apporte-leur cette nourriture ». Et ses frères, le voyant venir, se disent : « Tiens, voilà le rêveur, voilà le songeur, voilà l'orgueilleux. Nous allons le tuer et ainsi nous ne serons jamais dominés par qui que ce soit ». Et alors ils lui arrachèrent sa robe, sa fameuse robe aux mille couleurs, tuèrent un chevreau, teignirent du sang de ce chevreau la robe de Joseph et la rapportèrent à leur père, mais en lui disant qu'ils avaient trouvé cette robe. Et le père crut évidemment que Joseph avait été dévoré par une bête féroce. Il pleura toutes les larmes de son corps.

Et qu'était devenu Joseph pendant ce temps là ? Et bien, on va le retrouver dans un puits, dans une citerne, se demandant si on allait le tuer. Et voilà que des Araméens passent, des commerçants qui allaient vers l'Egypte. Ses frères qui ne manquaient pas d'un certain esprit de logique prirent Joseph et le vendirent comme esclave à ces marchands. Joseph eu beau prier, supplier, gémir, il fut chargé de chaînes et emmené en Egypte.

Je vous ai dit qu'il avait un charme magnétique exceptionnel. C'est du moins ce que l'on peut voir à travers les images multiples de la Bible. Ayant ce charme exceptionnel, quand il arrive en Egypte, il est vendu à un certain Potiphar. C'était un général des armées égyptiennes. Ce Potiphar se prit d'amitié pour Joseph ; sa femme (c'est-à-dire Madame Potiphar) regardait du côté de Joseph avec un appétit particulièrement intense. Il était jeune, il était beau et, comme vous le savez, doué d'un magnétisme exceptionnel. Alors, elle voulait, ma foi, goûter de très près à ce magnétisme. Joseph, peut-être élevé dans l'école que nous appellerions de sagesse, non pas tantrique, mais ascétique, refusa. De là, la haine profonde qui naquit dans le cœur de la dame délaissée. Elle réussit à le voir dans une chambre isolée, mais il s'enfuit laissant son manteau entre ses mains. La dame se vengea naturellement, d'une manière normale, si j'ose dire, en criant, en hurlant et en disant que Joseph avait voulu l'étrangler. Elle se plaint à son mari et elle lui montre comme preuve le manteau qu'elle avait arraché. Alors le mari rentre dans une colère légitime, si on peut s'exprimer ainsi, et il aurait pu tuer Joseph. Mais le charme agissait toujours ; il se contenta de le jeter en prison. Et c'est là que son odyssée commença à grandir et à se développer.

Je dois dire que l'être magnétique attire automatiquement tous les êtres d'un magnétisme contraire, pas contraire, complémentaire, et que, normalement, partout où il apparaît, il fait surgir l'amitié et quelquefois l'amour. C'est une image également de ce que nous pourrions appeler le Soi. Nous avons vu que Joseph était le feu du Soi. Autrement dit, lorsque le feu du Soi descend à l'intérieur du monde, il y a toujours un grandiose cercle d'amis et d'admirateurs qui se propage souvent jusqu'aux limites de la terre.

A côté de cela, voilà notre malheureux Joseph, le soir, en prison. Son charme agit. Sitôt qu'il est dans la prison, le directeur de la prison en fait son second et lui confie pratiquement toute la prison ; et il faisait tout le bien qu'il pouvait. Il essayait d'adoucir le sort des prisonniers. Justement il y avait deux prisonniers particuliers : le grand panetier et le grand échanson du pharaon. Ils étaient tombés en disgrâce et jetés dans les murs gluants et sombres de la prison. Mais immédiatement, Joseph était devenu leur ami, comme il était devenu l'ami de tous les prisonniers, comme il était devenu l'ami de tous ceux qui le connaissaient, excepté de ses frères.

C'est encore une loi que vous retrouverez à l'intérieur même de l'Evangile : “Tout prophète n’est jamais prophète, ni dans son pays, ni dans sa famille”. J'ajouterai presque : c'est un signe du véritable prophète. Ce serait un signe s'il n'y avait pas de faux prophètes pour qui c'est la même chose. Mais enfin, c'est quand même une des marques.

Alors à ce moment-là Joseph était en prison et il aidait les détenus, et les deux prisonniers lui font leurs confidences. Le premier, c’était le grand échanson, lui dit : “J'ai rêvé d'une branche, d'un cep de vigne. Je portai trois branches et il y avait beaucoup de feuilles, beaucoup de raisins. Je pris une grappe de raisin. J'en extrais le jus dans une coupe d'or, et j'ai offert cette coupe à mon maître, le pharaon. Que signifie ce rêve ? Peux-tu me le dire, Joseph, toi qui semble élevé au-dessus de la sagesse des hommes ordinaires ?”. Et Joseph répondit : “Cela veut dire que dans trois jours, ton maître le pharaon se souviendra de toi et te remettra. A nouveau, tu tiendras la coupe d'or où brille le vin.” ... (fin de la cassette, il manque le début du rêve du panetier).

“Voilà que des oiseaux arrivent et mangent tous les gâteaux de ses paniers. Que va-t-il m'arriver ?” Il espérait bien une réponse analogue à celle du premier. Joseph se contenta de lui dire : « Dans trois jours le seigneur pharaon se souviendra de toi et tu seras pendu et les oiseaux viendront becqueter ta tête ». Ce n'était pas gentil, mais trois jours après, c'était l'anniversaire du pharaon et il se souvint de ces deux hommes, son grand panetier et son grand échanson. Et après une réflexion il fit pendre le grand panetier et gracier le grand échanson et avant que le grand échanson ne fut gracié, Joseph lui avait dit : « Et maintenant que tu vas être remis dans ta première splendeur, n'oublie pas ton ami Joseph et tâche de le faire sortir de la prison où il se trouve ». Mais naturellement, une fois qu'on est hors de danger, on oublie ses compagnons. C'est ce que fit le grand échanson. Mais heureusement la providence veillait.

Je reviens un peu en arrière sur ce que j'ai dit et je vous fais observer une chose curieuse, c'est cette dualité, une dualité qui exprime encore une vérité. Et nous appellerons cela une vérité cosmique : Chaque fois qu'un être avance, et bien, immédiatement, un être recule. Nous sommes par exemple dans l'univers. Prenons l’univers vivant presque contemporain. Quand un être comme Gandhi atteint l'illumination parfaite, vous avez immédiatement un autre être comme Hitler qui atteint le démonisme presque parfait. Et ils le font, c'est extraordinairement curieux, à travers un symbolisme universel, toujours le même qu'on retrouve à travers toutes les religions.

Gandhi est né à Pordanbar, la blanche, et il était toujours vêtu de blanc. Quant à Hitler, il est né à Brunau, la ville noire, et il avait comme couleur, la couleur brune, bien entendu. La providence particulièrement ironique, s'est amusée à lui offrir une femme qui s'appelait Eva Braun, c'est-à-dire « l'Eve noire ». On ne peut pas être plus clair. Il y a dans la vie des humains une multitude de symboles d'une précision parfois effrayante. Ce qui laisse supposer que derrière les vaines apparences du monde, il y a une intelligence cosmique, une intelligence symbolique, une intelligence poétique, une intelligence créatrice.

Effectivement, lorsqu'un être avance, un autre recule. Est-ce qu'on pourrait croire, à ce moment là dans le triste monde de la dualité à une sorte de piétinement permanent et qu'en somme il n'y a en réalité aucun progrès ? Et bien c'est vrai, mais c'est vrai et faux en même temps en vertu toujours de cette dualité. C'est vrai tout au moins dans notre monde actuel. C'est vrai parce que ce n'est pas dans le monde matériel que nous arriverons à résoudre tous nos problèmes. C'est hors du monde matériel. Or, qu'arrive-t-il lorsqu'un Maître atteint la perfection absolue ? Et bien il y a un gain, et un gain incommensurable car il quitte absolument le plan terrestre et il ne reviendra plus dans ce plan terrestre. Il rentre dans la sphère idéale, en dehors du temps, de l'espace et de la causalité. Au moment où il fait cela il est sauvé pour l'éternité. Il y a dans l'humanité un être qui lui correspond et cet être tombe dans l'animalité.

Mais l'être qui devient animal, par exemple Nabuchodonosor transformé en taureau, et bien, cet être animal reviendra dans l'espèce humaine et au bout de quelques milliers ou de quelques millions d'années il sera lui aussi sauvé. Rappelez-vous la belle parole des lamas. Lorsqu'on parlait devant eux de Mao, ils répondaient tranquillement : « Et bien, lui aussi deviendra Bouddha ». Tous les êtres, même les conquérants, même les inquisiteurs, même les dictateurs deviendront tôt ou tard des dieux. Nous savons effectivement que nul n'est en dehors de l'infinie miséricorde divine. Mais nous y mettrons sans doute le temps.

Il y a peut-être également une autre image dans l'histoire du grand panetier et du grand échanson. Cette image, c'est les deux âmes que nous avons en nous : l'âme solaire et l'âme ténébreuse. L'âme solaire et l’âme arhimanienne, comme disait le livre de la grande lumière et le livre de la grande vérité. Deux livres ignorés, des zoroastriens, mais qui contenaient et qui contiennent toujours la sagesse de Zoroastre. Ils sont en quelque sorte, assez complexes et assez difficile à comprendre, mais enfin, là, c’est extrêmement net. A l’âme blanche correspond l'âme noire. A l'âme lumineuse correspond une âme ténébreuse. Et c'est ce qui fait que l'on explique dans un certain sens ce qui nous arrive sur le chemin de l'initiation.

Si vous voulez, je vous dirai que nos âmes sont grises, attendu qu'elles sont l'union du blanc et du noir. C'est l'âme de l'être ordinaire, incapable de grandes choses comme incapable de grands crimes. Mais il arrive que sur le chemin de l'initiation, et c'est un des dangers de l'initiation, les deux âmes se séparent. Alors vous avez chez un être des choses prodigieuses, c'est l'âme blanche et aussi des choses très inférieures, c'est l'âme noire. Et s'il n'arrive pas à dominer cette dualité, si l'âme blanche n'arrive pas à dominer l'âme ténébreuse, si l'âme solaire n'arrive pas à dominer l'âme arhimanienne, à ce moment là nous tombons dans le monde des Antéchrists, mais si on arrive à la dominer nous allons tout droit dans le monde des Christs.

Il y a également une autre chose en dehors de tout cela. C'est que les initiés ou les demi-initiés, ce qui est le cas d'une multitude d'êtres, au lieu d'être semblables aux êtres ordinaires, voient se lever au fond d'eux-mêmes une multitude d'obsessions, une multitude d'idées fixes, une multitude de démons intérieurs, c'est normal, puisqu'ils ont séparé l'âme blanche de l'âme arhimanienne, alors toute pure, cette âme arhimanienne s'exprime notamment par la violence et aussi par une sexualité débridée. Mais c'est surtout la violence qui domine.

Il faut à ce moment-là par des méthodes appropriées, dominer et transformer cet être intérieur. Je parle de la violence et de la sexualité mais il y a aussi les angoisses. Il y a les obsessions, il y a les peurs inavouées. C'est le propre de presque tous ceux qui voient s'éveiller en eux des facultés médiumniques ; voilà pourquoi il est nécessaire qu'ils aboutissent à une véritable discipline, notamment, si vous le voulez bien, à une discipline respiratoire.

La méthode, une des méthodes les plus simples, ce serait la 2ème méthode dont je vous ai parlé c'est-à-dire le rappel de soi : Se dire à un moment donné : “Qui suis-je ?” et répondre immédiatement : “Je suis l'enfant de Dieu, sagesse, amour, beauté, joie et puissance” et après avoir pris conscience de cela, le faire pénétrer par la respiration. Dire : « J'aspire (dans l'aspir) la toute puissance de Dieu”. Retenir en disant : “Je suis plein de la toute puissance de Dieu.” Expirer par les deux narines toujours en disant : “Je répands sur la terre la toute puissance de Dieu”. Puis vous faites la même chose pour l'amour : « J'aspire la plénitude de l'amour divin. Je suis l'amour divin. Je répands sur la terre la totalité de l'amour divin ». Ensuite : « J'aspire la splendeur de la beauté divine. Je suis la beauté divine. Je répands sur le monde les rayons de l'éternelle beauté ». Vous faites cela pour la joie, la force, la sagesse, l’amour et la beauté. Et le seul fait de le faire d'ailleurs vous donne une espèce de sérénité, de calme et de grandeur. Si vous faites cet exercice, ne fut-ce qu'une fois par jour au bout d'une année vous vous sentirez transformé et les forces de sérénité et de joie pénétreront dans votre être.

Il y a dans les pages fulgurantes et colorées du récit de Joseph une multitude d'enseignements. Mais je poursuis l'aventure de Joseph. Effectivement le grand échanson l'avait un peu oublié. Il l'avait même complètement oublié, mais voici que le pharaon (Qui était-ce ? nous n'en savons rien) eut un rêve : Il rêva une nuit qu'il se promenait au bord d'un fleuve et de ce fleuve sortaient 7 vaches grasses et immédiatement après 7 vaches maigres, squelettiques, d'une effrayante maigreur. Et les 7 vaches maigres dévorent les 7 vaches grasses. Le pharaon se réveille, secoue la tête, un peu surpris et se rendort. Il a un autre rêve : Il voit une grande tige d'où sortent 7 épis de blé extraordinairement abondants et en face, une tige très mince avec 7 épis brûlés complètement. Et les maigres épis dévorent les gras... On n'en parle plus. Alors il se réveille et se dit : « Quels étranges rêves les dieux m'ont envoyé cette nuit ! ».

Et là-dessus il convoque tous les mages d'Egypte et leur explique ses rêves, mais la Bible déclare qu'ils furent incapables d'en trouver la signification. Ce qui me paraît un peu ahurissant. Mais enfin, il fallait que Joseph puisse apparaître dans toute sa splendeur. Alors le pharaon était profondément troublé par ces rêves et il n'en trouvait nullement la signification. Il s'adressa à son grand échanson en lui disant : « Mon ami, je suis tout de même un peu embarrassé. Verse-moi une coupe de ce vin qui redonne des idées ». Alors l'échanson lui verse le vin miraculeux et lui dit :

« Mon très puissant seigneur, permet à ton humble esclave de te dire que, s'il a été sauvé, c'est peut-être parce qu'il a rencontré un jeune homme d'une sagesse étonnante qui sait interpréter tous les rêves ».

« Alors, dit le pharaon, emmène-moi ton phénix. »

On fit sortir Joseph des murs sombres derrière lesquels il végétait et il arrive devant le pharaon et il explique tout naturellement les rêves : « Les 7 vaches grasses et les 7 épis florissants représentent 7 années d'abondance pour l'Egypte : les moissons et les récoltes monteront jusqu'au ciel. Mais elles seront suivies de 7 années de famine et à ce moment-là, le malheur s'étendra sur toute la terre ». Et se prosternant devant le pharaon, il ajouta : « Il faudrait un homme sage qui soit capable pendant les 7 années d'abondance de remplir les greniers de tout ton immense royaume, de manière à préparer les 7 années de disette et de famine ». Le charme de Joseph, naturellement, agit toujours. Le pharaon le relève et lui dit : « Et bien, mais cet homme sage, ce ne peut être que toi. Tu seras appelé le père des peuples et tu seras le plus puissant de l'Egypte après moi ».

Alors tout s'arrange merveilleusement. Et les 7 années passent, 7 années d'abondance, puis une grande famine se répand sur toute la terre. C'est à ce moment-là que la qualité prophétique des rêves de Joseph commence à se manifester. Effectivement dans la terre de Canaan, les habitants commençaient à serrer la ceinture d'un cran tous les jours. Ca n'allait pas et on apprit que, en Egypte il y avait des richesses fabuleuses. Jacob rameute ses fils et leur dit d'aller dans le monde égyptien et de rapporter le plus de blé qu'ils pourraient. Ils y vont. Mais, comme Jacob se souvenait de son jeune fils Joseph dont il pleurait encore la disparition, il garda près de lui le plus jeune, Benjamin. Je passe d'ailleurs rapidement et il envoya les 10 frères qui allèrent voir l'homme le plus puissant de l'Egypte après le pharaon.Ils ne reconnurent pas leur frère, mais se prosternèrent devant lui, la face contre terre en lui dema

ndant de prendre en pitié la terre de Canaan et c’est ainsi que le rêve de Joseph, rêve prophétique, se réalisa. Je passe si vous voulez très rapidement, mais enfin, disons quand même qu'il y a toute une série d'aventures assez amusantes. Joseph commença à les interroger et il leur dit : « Qui êtes-vous ? ». Ils expliquèrent qu'ils étaient autrefois 12 frères. Il les arrêta : « C'est faux, vous êtes des espions ! » et il les mit en prison. Trois jours après ils commencèrent à gémir en disant : “Hélas ! C’est le contrecoup de nos injustices. Nous avons jeté notre frère Joseph dans une citerne et maintenant nous sommes jetés en prison”. Une petite parenthèse : c'est encore un symbole de la formidable loi du Karma qu'on voit apparaître à travers toutes les religions. Car le Karma est très simple : ce que vous faites aux autres vous sera rendu intégralement. Ni plus, ni moins, si c'était plus ce serait une injustice. Si c'était moins, ce serait une injustice aussi. Et la justice de Dieu, la balance éternelle n'a aucune faiblesse. Ce que vous faites, donc, vous sera rendu. Pardonnez et vous serez pardonné. Ne jugez pas si vous ne voulez pas être jugé. Vous avez dans l'Evangile une série de balancements qui ne peuvent guère s'expliquer qu'à travers encore une fois la loi du Karma.

J'ajoute que vous la retrouverez dans Newton qui l'a traduite sur le plan physique lorsqu’il a dit : « A toute action correspond une réaction égale et de sens contraire ». Ce qui est à la base de toute la physique d'ailleurs. Newton a traduit l'Apocalypse et c'était authentiquement un initié. C'est un de ceux qui a contribué le plus peut-être à pénétrer les mystères de l'Apocalypse. Et bien, Voltaire ne comprenait pas ce côté de Newton et il haussait les épaules en disant : « Oh faiblesse humaine ! Oh comble de malheur ! Le grand Newton qui a levé le voile des cieux, est tombé dans la superstition affreuse d’interpréter un texte de folie et d'incompréhension ». En quoi il avait tort, attendu que dans l'Apocalypse il y a une série prodigieuse d'images et de symboles. Enfin, quoi qu'il en soit, voilà les dix frères en prison. Au bout de trois jours, Joseph les fait sortir et leur donne une quantité de blé, accepte, fait semblant d'accepter leurs présents, leur argent et leur dit : « Maintenant ne revenez vers moi qu'avec votre plus jeune frère et ainsi

je saurai que vous n'avez pas menti. Pour l'instant je vous fais grâce ». Ils partirent heureux et ennuyés et quand ils déballèrent leurs sacs, il y avait non seulement du blé en quantité mais encore tout l'argent qu'ils avaient apporté. Ils furent surpris. Quelques mois passèrent. Mais voilà que le blé qu'ils avaient apporté était à sa fin. Alors ils furent obligés de partir, emmenant cette fois Benjamin.

Il y a évidemment toute une espèce de symbolisme qui est assez difficile à interpréter mais nous pouvons également savoir que cela peut signifier 12 vies. En somme, sans les 12 signes du zodiaque, chacun doit vivre une vie. C'est-à-dire : vous vivez tantôt sous le signe du Bélier, tantôt sous le signe du Taureau, tantôt sous le signe des Gémeaux et ainsi de suite. Mais, chaque fois que vous serez dans un des signes, il faut atteindre la perfection. Si vous l'atteignez au bout de 12 vies, vous êtes tranquille et vous rentrez dans le resplendissement de la Jérusalem céleste. C'est assez difficile.

L'Apocalypse parle de 144 000 élus, ce qui veut probablement dire 144 000 vies. Autrement dit, il nous faut pérégriner 144 000 fois sur la terre ou sur les planètes du même type que la terre avant d'atteindre la perfection. Je peux vous rassurer malgré tout en vous disant d'abord que la plupart des êtres humains ont au moins rempli la moitié de ce long pèlerinage et deuxièmement, que tous ceux qui connaissent ou qui entrevoient la vérité secrète éternelle que St Paul appelle la science de Dieu préparée depuis le commencement des âges pour les élus et que nous appelons exactement de la même manière avec deux mots grecs : la Théosophie. Tous ceux qui en ont entendu parler, arriverons normalement au bout de 12 existences à l'illumination. C'est une moyenne. Cela peut être bien plus long, cela peut être bien plus court. C'est à votre libre choix, au sceptre merveilleux de votre libre arbitre, à votre liberté absolue que les destins du monde et de vous-même sont reliés.

Voilà donc le malheureux Benjamin obligé de partir en Egypte et naturellement encore une plaisanterie de Joseph. Il accueille ses frères, il leur donne tout, puis il cache une coupe d'or dans le sac de Benjamin. Ils sont très heureux et repartent après s'être prosterné devant leur frère et quand ils sont partis, Joseph envoie une troupe à leur recherche en disant à l'intendant, enfin à celui qui commandait cette troupe armée : « Ramène-les, car ces hommes ont volé ma coupe préférée ». On les rejoint, on leur dit qu'ils ont volé la coupe du grand ministre qui les a comblés de bienfaits, qu'ils sont des misérables. Ils protestent de leur innocence. On fouille tous les sacs et quand on arrive à celui de Benjamin on trouve la fameuse coupe. On les ramène chargés de chaînes.Et l

à je crois que c'est encore le Karma qui retombe. Vous voyez. Et il retombe quelquefois pendant plusieurs vies. Il y a effectivement ceci : Que beaucoup d'êtres qui étaient sur le plan ou sur le chemin de la perfection étaient malheureux, c'est-à-dire qu'il leur arrivait toute une série d'avatars de toute espèce. Ce n'est pas une loi absolue, loin de là. Mais c'est quand même une loi assez répandue. C'est-à-dire que lorsque vous prenez conscience du grand Soleil de bonheur infini qui se lève à l'horizon vous avez immédiatement envie de brûler en une seule vie tout votre Karma. Le Karma peut s'étendre sur plusieurs vies et si vous voulez faire le plus vite possible, et bien vous accumulez sur vous toute une série de catastrophes. Toutes celles que vous avez méritées, si j'ose dire, et à ce moment-là, ça devient une vie terriblement mouvementée et terriblement pénible. Mais à travers toutes ces épreuves vous brûlez vos fautes passées et vous êtes de plus en plus purifiés sur le chemin de la perfection.

Il est un moyen d'éviter tout cela. Tout au moins d'essayer. C'est la pensée positive. Nous avons la pensée de violence et la pensée d'amour. Chaque fois que nous émettons des rayons noirs c'est une pensée atroce qui jaillit de nous-mêmes, de colère, de violence, de destruction, de haine, de rancune et de rancœur. Nous sommes en train d'amasser les nuages noirs dans la triste épaisseur de l'univers psychique. Ces nuages se condensent et cela forme toute une série d'orages qui se traduisent par cette foudre qui s'appelle soit la guerre, soit la révolution, soit les épidémies, soit les fléaux naturels. C'est nous-mêmes qui créons tout cela par nos pensées de violence et de destruction. Car la force la plus haute du cosmos c'est la pensée. Et bien, si au lieu de mettre la pensée au service de la destruction nous la mettions au service de l’amour. Si nous commencions par supprimer en nous la violence, la colère, l'injustice, la fureur, la rancune, la vengeance et si nous répandions au contraire des pensées d'amour, de bienveillance et de douceur aux humains et aux animaux et de manière générale à tout ce qui vit, nous serions en train de diminuer dans des proportions fabuleuses la vague de désastres qui se prépare à couvrir toute la terre.

Vous avez un Karma et ce Karma est dur. Vous avez en quelque sorte souffert pendant des milliers d'années. Comme disait le Bouddha :

« Si on pouvait réunir en un seul lieu les larmes que vous avez versées dans vos existences antérieures, cela formerait un déluge capable de couvrir les cinq continents ».

Effectivement vous avez souffert et vous avez fait souffrir. Et bien il faut s'arrêter de faire souffrir et pour s'arrêter de faire souffrir, il n'y a qu'une seule solution : la pensée d'amour. Tous les jours faites la bénédiction bouddhique. Demandez que tous les êtres soient heureux au Nord, au sud, à l'Est, à l'Ouest, dans la profondeur du nadir, dans la hauteur du zénith et que vous-mêmes soyez heureux. Faites ceci le plus souvent possible et vous vous sentirez allégés d'un poids extraordinaire si cela est fait avec une certaine ferveur. Et même si la ferveur manque à moitié et bien ce n'est pas dépourvu d'efficacité. Mais il est bien certain que l'efficacité sera beaucoup plus grande si le magnétisme affectif est intense et total.

Alors, nous en étions donc à ce malheureux Joseph. Remarquez qu'il y a un symbole qui réapparaît, c'est la coupe. Cette coupe représente deux choses : l'inspiration et le goût du nectar. L'inspiration, très difficile, vous la retrouvez dans la religion druidique : la coupe d'Ogmios : trois gouttes de ce liquide merveilleux vous transforment en voyant et en poète. Sept gouttes font de vous un être supérieur aux dieux. C'est un symbole admirable et c'est à la fois l'illumination, l'intuition et l'inspiration qui donnent la connaissance et le bonheur.

Nous avons ensuite une deuxième image : c'est le goût du nectar. Parmi les cinq sens invisibles, nous avons le goût métaphysique et ce goût métaphysique rien que par lui-même, peut nous ouvrir déjà les chemins de la connaissance. Je vous rappelle très rapidement la manière de le mettre en mouvement. Il y en a deux : Vous commencez par la bénédiction bouddhique aux sept points cardinaux. Vous demandez à vos Maîtres de vous donner le goût du nectar divin. Puis, ensuite, vous retournez très soigneusement votre langue de manière à ce que la pointe touche le bout du palais le plus loin possible à l'intérieur de la bouche et vous vous concentrez environ un quart d'heure sur le point de contact entre la langue et le palais. L’expérience est difficile à réaliser. Pour certains, elle est facile mais si vous faites ceci très régulièrement, tous les jours vous finirez par sentir le goût du nectar des dieux, c’est-à-dire une saveur incomparable, infiniment plus grande que toutes les liqueurs de la terre. Et à ce moment-là, ce sens qui s'éveillera en vous, ouvrira les portes de l'illumination. Tout au moins de la voyance.

Je termine rapidement cette histoire de Joseph. Joseph se fait reconnaître et naturellement ses frères sont émerveillés et ils sont pleins de repentir. Le vieux Jacob fait le voyage. Il est accueilli somptueusement par les trompes et les trompettes du pharaon que Joseph avait à sa disposition et il meurt, Jacob, en donnant les 12 bénédictions à ses 12 enfants qui sont d'ailleurs 12 remarquables prophètes sur les principales nations qui vivent et se meuvent sur les signes zodiacaux.

Mais je vous en parlerai, si vous le voulez bien à un autre moment et nous terminerons cette séance en vous rappelant que les rêves sont dans la Bible un élément fondamental qui se retrouve chez tous les prophètes comme dans toutes les pages de l'Evangile. On peut dire, que, par exemple, c'est par un rêve que les mages furent avertis divinement de ne pas retourner vers Hérode. Quant à l'étoile des mages, c'est peut-être mieux qu'un rêve... C'était une prophétie faite par Zoroastre qui avait déclaré que 1000 ans après sa naissance, il renaîtrait sous la forme de Shaoshian, ce qui veut dire : « Le Fils de la Vierge » et qu'il apprendrait aux hommes une nouvelle sagesse et un nouvel amour.

Je termine par la fameuse phrase de Hugo lorsqu'il parle de la sagesse primordiale :

“O Soleil ! Nourricier du monde ! Anachorète !
“Seul au fond du grand ciel comme en une retraite
“Roi de l'aube ! Père du jour ! Maître du feu !
“Ecarte tes rayons que je puisse voir Dieu.”



Questions du public (non audibles)

F.Brousse : ... histoire du Yin et du Yang qui se retrouve partout. Vous avez d'un côté un magnétisme rouge qui jaillit de l'homme et un magnétisme bleu qui jaillit de la femme. Ce qui fait que les seules véritables réalisations ne peuvent se faire que par l'union du magnétisme masculin et du magnétisme féminin. Ce que vous dites se retrouve très exactement, non seulement dans les phénomènes de fécondation de la terre mais aussi de fécondation de l'esprit.

Par exemple, dans le phénomène télépathique. Je répondrais très rapidement d'ailleurs à ce propos : Le phénomène télépathique réussit toujours ou presque lorsque c’est un homme qui envoie la pensée et, que c'est une femme qui le reçoit. Dans le cas inverse cela ne réussit presque jamais. Il y a également un autre phénomène de même espèce que vous voyez à propos de l'homme et de l'animal. Lorsque vous voulez influencer télépathiquement un animal, vous pouvez le faire, que vous soyez un homme ou que vous soyez une femme. Mais il est assez curieux de voir que si l'animal est femelle, si c'est un homme qui envoie le message, la réception se fait mieux. Et j'ajouterai qu'elle se fait mieux aussi si l'animal est mâle et que c'est la femme qui envoie la pensée.

C'est assez curieux et cela s'explique par la sexualité universelle. C'est-à-dire que chaque corps est soit mâle soit femelle. Il peut être également à la fois l'un et l'autre. Prenons, par exemple, le soleil, c'est le grand mâle et toutes les planètes sont simplement ses épouses. Mais prenons chaque planète : elle est vis à vis de son satellite une puissance masculine et son satellite est une puissance féminine. Nous avons donc à travers l'univers tout entier, à la fois le Yang et le Yin et les véritables réalisations ne peuvent se faire que par l'union de l'un et de l'autre. C'est pourquoi vous voyez toujours, à côté des grands Maîtres, vous voyez toujours une femme exceptionnelle. C'est normal. Voyez, par exemple, Jésus : il y a à côté de lui Marie-Madeleine. Vous voyez Hugo et à côté de lui, Juliette Drouet. Vous voyez même le Bouddha et à côté de lui, sa tante qui a eu en quelque sorte une profonde connaissance de tous les systèmes bouddhiques. Krishna, n'en parlons pas, étant donné qu'il avait 1000 épouses, mais parmi ces mille épouses, il y en avait une préférée qui s'appelait Rada.

Ce phénomène se produit aussi chez l'être humain. Votre main droite magnétise de manière à exciter et votre main gauche magnétise de manière à calmer. Vous m'avez posé en somme la question des rapports du Yang et du Yin, de l'éternel féminin et de l'éternel masculin que l'on voit également dans la religion catholique exprimé dans cette dualité extraordinaire entre le Christ, d'un côté et la Sainte Vierge de l'autre. Et je vous signale que nous sommes actuellement dans la période du Kali Yuga, c'est-à-dire la 3ème période et cette période est dominée par la femme. Ce qui fait que toutes les virtualités féminines seront mises à jour avant 2015 où l'on verra probablement la disparition de la civilisation humaine.

F.Brousse : Durant le rêve nous sortons de notre corps. Il y a deux ou trois manières de sortir de ce corps. La manière habituelle c'est le corps physique qui laisse échapper le corps astral. Et ce corps astral qui est réuni au corps physique par une série d'ondes vibrantes peut se promener sur toute la terre. Mais il peut également communiquer avec d’autres corps astraux. Et à ce moment-là, il prépare dans l'invisible les événements du visible. En mai 1968, il y a eu des centaines de milliers d'étudiants qui, dans les rêves, sont sortis de leur corps et ont été en quelque sorte dominés, dirigés, on pourrait presque dire endoctrinés par un autre qui était sorti, lui aussi de son corps et qui a préparé cette formidable révolution dans la mesure du possible et du karma des nations.

Les rêves suite

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Et vous pouvez voir d'ailleurs lorsqu'une idée se répand à une vitesse prodigieuse sur la terre le même phénomène : ils se sont déjà connus dans le monde astral et alors, naturellement,, dans le monde physique tout avait été ordonné et préparé. C'est par exemple, l'histoire des conversions de Mahomet. Mahomet apparaît et immédiatement des milliers de gens le croient. Mais c'est normal, ils s'étaient déjà rencontrés non seulement dans l'astral mais aussi avant même de naître où ils avaient préparé cette petite mise en scène sur le théâtre même de l'univers.

J'ajoute également qu'il y a quelque chose d'un peu inquiétant à propos de nos rêves prophétiques : nous savons très bien que nos rêves prophétiques se réaliseront puisque c'est nous qui allons les réaliser. Nous avons décidé dans notre moi supérieur que nous ferons telle chose dans trois ou quatre jours ou bien dans dix ans. Et nous le communiquons dans un rêve à notre moi inférieur. Nous sommes sûrs de le réaliser puisque c'est nous qui le réaliserons et qui transformerons l'univers et la destinée suivant notre propre volonté. En somme, nous sommes des dieux mais nous ignorons notre puissance infinie sur l'univers. Vous retrouvez un peu cela dans certains rêves et également dans les religions tantriques où il est dit par exemple que les Maîtres se réunissent à la cime du monde et ensuite décident de transformer la terre selon leurs propres désirs.

F.Brousse : Alors la Bible ainsi que les paroles de Moïse se répandaient sur les ... (son inaudible) et en même temps il y a eu comme je vous l'ai dit la fête. Alors nous laissons ces deux miracles qui n'étaient pas imputables à Moïse mais imputables aux voies du monde et à la fatalité. Mais les autres miracles, c'est-à-dire changer un bâton en serpent, et bien, les magiciens du pharaon les firent aussi et tous les autres miracles de Moïse furent également exécutés par les magiciens. A ce moment-là, Horemheb réfléchit et trouvant que les deux parties étaient au point de vue magie aussi puissants l'un que l'autre, décida de revenir à l'ancienne religion d'Amon. Car la religion d'Amon lui permettait de se battre et de tuer. La nouvelle religion d'Aton ne le lui permettait pas. Akh-En-Aton était un non-violent, c'était le premier non-violent de l'histoire connue.

Car bien avant lui, il y avait eu Krishna, d'autres qui dans l'Inde immense avaient apporté il y a de cela 9000 ans, la non-violence sur toute la terre. Mais enfin, dans ce qu'on pourrait appeler les livres d'histoire à peu près vérifiable, et bien ce fut Akh-En-Aton qui le premier déclara qu'il fallait aimer tous les êtres humains et c'est là une parole de sagesse rapportée avec précision :

« Ce ne sont pas les rites magiques, ce n'est pas le sel, ce n'est pas la résine, ce ne sont pas les aromates qui donnent l'immortalité mais l'amour. Hommes, aimez-vous les uns les autres et vous vaincrez la mort. Car l'amour est plus fort que la mort ».

Je cite presque textuellement. Et effectivement, à ce moment-là, il apporte l'amour, il apporte l'amour parmi les hommes. Oui, c'est fort joli, c’est quand même un miracle ; mais à ce moment-là, va-t-on parler d'amour - c’est le raisonnement d'Hermès - va-t-on parler d'amour aux masses imposantes des armées hittites qui menacent l'Egypte ? Il faut opposer la force à la force et à ce moment-là, Horemheb rejeta Moïse, dangereux, car Moïse refuse de partir et ce fut le commencement d'une guerre civile.

Moïse avait d'ailleurs abandonné l'amour d'Aton et s'était contenté du monothéisme. Il était devenu un révolutionnaire violent après avoir été disciple de l'amour universel. Alors il appela à lui les Hyksos, les..., les anciens atoniens et enfin les lépreux et il en forma une armée et il fallut douze années de combat acharné pour que Moïse puisse être chassé. A ce moment-là, que faisait Nefertiti ? Elle résolut d'apporter à Moïse le salut d'Akh-En-Aton, de l'atonisme qui vivait encore dans son cœur et elle alla le rejoindre à l'oasis de Gabes. Dans la tradition druidique, les cromlechs de la sagesse secrète de... Et bien il y a l'affirmation qu'une amazone druidesse, qui s'appelait Misé aurait conduit les monothéistes d'Egypte jusque dans le désert. Cette Misé n'est pas autre chose que Nefertiti. Mais Misé-Nefertiti a été assassinée dans l'oasis de Gabes par une révolte des réactionnaires qui n'admettaient pas qu'une femme puisse être la directrice et la prophétesse d'une marche immense de quelques dizaines de milliers d'exilés. D'autant plus qu'elle apportait très exactement les affirmations d'Akh-En-Aton selon lesquelles l'homme et la femme sont des êtres égaux en qui vivaient la même étincelle solaire.

Dans la religion secrète d'Akh-En-Aton, les hommes et les femmes devraient se réincarner dans des sexes différents pour aboutir à la connaissance intégrale. Et aussi pour aboutir, en fin de compte, à l'union complète et reconstituer en chacun d'eux l'androgyne éternel. Car l'homme qui a été femme, en lui, a son corps astral encore marqué d'éléments féminins. Et il peut à ce moment-là réaliser en lui l'union de l'âme et de l'esprit. Et la femme qui a été homme a son corps mental marqué d’éléments masculins et elle peut réaliser en elle les noces triomphantes de l’âme et de l'esprit. C'est d'ailleurs ce que l'on retrouve également, je m'excuse puisque nous sommes dans ce domaine, dans les représentations d'Akh-En-Aton...

Vous avez deux espèces de représentations d'Akh-En-Aton : une magnifique : il est grand, il est beau, majestueux, génial, c'est un des plus beaux pharaons de l'histoire. Mais cette représentation a été gommée. Elle existe pourtant. Elle se trouve dans la vallée des rois. Elle est incontestable, on le représente beau, plus beau encore que Toutânkhamon. Et à côté de cela vous avez une multitude de représentations symboliques, qu'on a prises, à cause du réalisme indécrottable de certains savants, que l'on a pris pour une représentation du véritable pharaon. Je vais démontrer sans peine que cela ne peut être la représentation d'Akh-En-Aton : On le représente avec une tête de dégénéré. Ce n'est pas vrai, car il suffit de mettre la figure d'Akh-En-Aton ainsi représenté avec la figure du bélier. On a une tête de bélier et le bélier était l'image d'Amon. Parce que c'est en lui qu'il essayait de faire cette fameuse synthèse qu'il avait voulu réaliser à la fin de sa vie. Il était en quelque sorte le dieu unique qui prenait toutes les apparences.

Alors il avait donc la tête d'un bélier génial. Ce bélier était le dieu Amon que l'on représentait sous la forme d'un bélier. J'ajoute par parenthèse que j'y trouve une étonnante prophétie de l'agneau divin, c'est-à-dire Jésus dans 1800 mille ans. Je continue d'ailleurs. Et après il a un magnifique torse de femme, les braves égyptologues bornés en ont conclu qu'il était plus que dégénéré, qu'il avait des caractéristiques féminines. Mais le torse féminin représentait la 2ème incarnation divine qui était en lui, c'est-à-dire la sagesse, de même que le bélier représentait Amon, le torse féminin, qui était fort bien dessiné représentait Isis. Il restait ses jambes, ses jambes que l'on voit et qui ont fait dire encore aux réalistes égyptologues qu'il s'agissait d'un dégénéré. Cette jambe est ainsi : une cuisse d'homme avec une patte d'échassier.

C'était l'ibis sacré qui représentait effectivement d'un côté le phénix et de l'autre côté la connaissance intégrale. L'autre représentait fréquemment aussi la forme de vie. C'était également encore l'oiseau béni un échassier qui représentait la sagesse primordiale. Vous avez, représentés en lui, et avec une très grande netteté d'un côté la puissance (la tête de bélier), de l'autre côté la beauté et l'amour (le torse d'Isis) et enfin la sagesse (la jambe d'échassier). Il est évident que cela composait un mélange hétéroclite et si on n'est pas au parfum, si j'ose dire, de sa haute signification [...]