vendredi, 25 mai 2007
People Are Strange - Jim Morrison
The Doors résulte de la rencontre entre deux diplômés de l'UCLA, Morrison et Manzarek : Morrison chanta quelques-unes de ses chansons à Manzarek, en particulier Moonlight Drive. Frappé par l'intensité lyrique du texte, les deux frères de Ray Manzarek décidèrent de quitter leur ancien groupe (Rick and The Ravens) pour fonder The Doors avec Morrison. Ce nom d'apparence triviale réfère à un livre de Aldous Huxley, The Doors of Perception, où l'auteur narre son expérience des produits stupéfiants (ce titre était lui-même inspiré d'une citation de William Blake). En août, le batteur John Densmore quitte The Psychedelic Rangers et rejoint The Doors. Il est imité en octobre par le guitariste Robbie Krieger.
Pendant l'automne 1965, muni d'une démo enregistrée à la fin de l'été, les membres du groupe démarchent plusieurs maisons de disques mais toutes refusent de leur faire signer un contrat. En décembre, faute de mieux, The Doors signe un contrat avec un bar de Los Angeles, The London Fog, qu'ils animent régulièrement pendant le premier semestre 1966. Puis ils décrochent en mai 1966 un nouveau contrat avec le Whisky A Go-Go, un autre bar branché de Los Angeles. Ils y assurent notamment les premières parties du groupe irlandais Them, dont le chanteur Van Morrison (aucun lien de parenté) aura une considérable influence sur Jim : le peu d'importance que Van accorde à un public qu'il insulte régulièrement et son naturel penchant pour la boisson marqueront à vie Jim et les autres membres du groupe, qui reprendront ensuite régulièrement sa chanson Gloria. Ces débuts difficiles permettent au groupe de se forger une expérience scénique solide, de maîtriser de nombreuses reprises et de tester leurs propres compositions.
En juin 1966, le groupe parvient enfin à signer un contrat avec la maison de disques Elektra (représentée par Jack Holzman) : le contrat prévoit une collaboration pour un minimum de six albums. En juillet, lors d'une performance de The Doors au Whiskey A Go Go, Jim Morrison, qui a avalé un cachet de LSD, et sans doute inspiré par les écrits de Freud sur le complexe d'Œdipe, improvise des paroles sur la section musicale centrale de la chanson The End : "Father, I want to kill you. Mother, I want to fuck you all night long" ("Père, je veux te tuer. Mère, je veux te baiser toute la nuit"). Scandalisé, le patron du Whiskey A Go Go jette The Doors dehors sans même leur laisser le temps de terminer le morceau. Ce premier incident inaugure une longue série de provocations transgressives destinées à séduire les adolescents de l'époque : elles deviendront caractéristiques de The Doors et contribueront à forger la légende de Jim Morrison.
Au cours de l'automne 1966, The Doors enregistrent leur premier album, sobrement intitulé The Doors, caractérisé par un son unique résultant de la combinaison du style virevoltant de Manzarek, des tonalités jazz de Densmore et des influences du flamenco et de la musique indienne apportées par Krieger. Il s'ouvre sur un morceau bref et très rythmé, Break on Through (To The Other Side), à valeur de manifeste puisqu'il invite à dépasser les apparences banales et à passer "de l'autre côté" par l'usage de la drogue. L'album comprend également des titres où la musique met en valeur la qualité poétique des paroles de Morrison (Soul Kitchen ; The Crystal Ship), des chansons plus légères correspondant mieux à l'esprit "rock 'n roll" inspiré par l'insouciance (Twentieth Century Fox ; I Looked at You), et des reprises (notamment Alabama Song tirée de Grandeur et décadence de la ville de Mahagony de Kurt Weill, sur des paroles de Bertolt Brecht). Le disque s'achève dans la longue composition The End, dont l'atmosphère troublante s'intensifie grâce aux paroles tour à tour mystérieuses ("Weird scenes inside the gold mine", "Scènes étranges dans la mine d'or"), évocatrices ("Ride the snake/To the lake/The ancient lake", "Chevauche le serpent/Jusqu'au lac/Le lac primordial") et scandaleuses (la fameuse "section oedipienne", maintenue textuellement sur l'album).
Achevé en une semaine grâce au professionnalisme acquis par le groupe, l'album paraît en janvier 1967. Les critiques sont d'abord peu enthousiastes mais au cours du printemps, Richard Goldstein rédige un article élogieux où il écrit, à propos de The End : "quiconque conteste la notion de littérature rock devrait méditer sur cette chanson". Pendant ce temps, The Doors ré-enregistrent l'un des titres de l'album, Light My Fire (dont les paroles sont de Robbie Krieger, et non de Jim Morrison) pour la réduire de six à trois minutes afin de la sortir en single le 3 juin. Le succès est immédiat : dès le 25 juillet, Light My Fire, véritable hymne à l'amour fou, atteint le n°1 du billboard et y reste pendant six semaines, devenant le titre culte de The Doors. Le groupe est alors acclamé à la fois par la presse adolescente (notamment 16) mais aussi par la presse intellectuelle "sérieuse" (Newsweek, Time, Vogue…), séduite par la qualité lyrique des paroles de Morrison. Il n'était guère fréquent, à l'époque, de trouver un groupe de rock qui citât Blake, Brecht ou Freud.
En octobre 1967, l'album The Doors et le single Light My Fire deviennent tous deux disques d'or. La sortie, au même moment, du deuxième album, Strange Days, contribue à maintenir le groupe sur le devant de la scène. Plus déconcertant encore que le premier disque, Strange Days exprime, au travers de plusieurs titres, une sensation de malaise, de perte d'identité, de solitude (Strange Days ; You're Lost, Little Girl ; People Are Strange). Des chansons en apparence plus romantiques (Love Me Two Times ; Moonlight Drive ; My Eyes Have Seen You) laissent percer un sentiment d'urgence, d'imminence, qui se teinte même d'agressivité. Ces impressions morbides culminent dans le morceau central de l'album, Horse Latitudes, un poème écrit par Jim Morrison pendant ses dernières années de lycée, et où il décrit l'épouvante de chevaux jetés à la mer par des marins pour alléger leur navire. Le disque s'achève, comme le premier opus, sur une longue composition presque apocalyptique, When The Music's Over, où Morrison exprime, sous sa forme la plus ramassée et la plus dense, la révolte de la fin des sixties contre le puritanisme américain : "We want the world and we want it… NOW !" ("Nous voulons le monde et nous le voulons… MAINTENANT !").
You know the day destroys the night
Night divides the day
Tried to run
Tried to hide
Break on through to the other side
Break on through to the other side
Break on through to the other side, yeah
We chased our pleasures here
Dug our treasures there
But can you still recall
The time we cried
Break on through to the other side
Break on through to the other side
Yeah!
C'mon, yeah
Everybody loves my baby
Everybody loves my baby
She get(s high)
She get(s high)
She get(s high)
She get(s high)
I found an island in your arms
Country in your eyes
Arms that chain
Eyes that lie
Break on through to the other side
Break on through to the other side
Break on through, oww!
Oh, yeah!
Made the scene
Week to week
Day to day
Hour to hour
The gate is straight
Deep and wide
Break on through to the other side
Break on through to the other side
Break on through
Break on through
Break on through
Break on through
Yeah, yeah, yeah, yeah
Yeah, yeah, yeah, yeah, yeah
09:45 Publié dans ✰ ARTISTES PRÉFÉRÉS | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : jim morrison hippie hippy hppies new age
lundi, 14 mai 2007
Kate Bush
Kate Bush
Pour les articles homonymes, voir Bush.
Kate Bush, 1986
Kate Bush (diminutif de Catherine Bush) est une auteur-compositrice-interprète britannique née le 30 juillet 1958 à Bexleyheath dans le Kent (Angleterre), connue pour l'originalité de sa production artistique ainsi que pour sa voix exceptionnelle et mélodique.
Découverte alors qu'elle est encore adolescente, par David Gilmour, guitariste du groupe Pink Floyd, elle publie en 1978, son premier 45 tours : Wuthering Heights, auquel collabore Ian Bairnson (membre des Alan Parsons Project) sur le long solo de guitare qui conclut la chanson, et dont le texte est inspiré par le roman éponyme d'Emily Brontë (en français : Les Hauts de Hurlevent). C'est un succès immédiat en Grande-Bretagne, mais également dans de nombreux autres pays européens (dont la France). Succès d'autant plus remarquable que nous sommes alors en pleine période punk et Kate Bush se démarque déjà, avec ses airs romantiques et évaporés (présence théatrale due à sa formation de danseuse classique et de mime Lindsay Kemp). Suivront les albums The Kick Inside et Lionheart 1978.
Elle s'embarque en 1979 pour une tournée à travers l'Europe. Malgré le succès de cette tournée, ce sera l'unique fois où Kate Bush montera sur scène.
L'année 1980 marque une étape décisive : elle fait construire son propre studio d'enregistrement. Devenue son propre producteur, elle confirme son exigence artistique. La presse spécialisée le surnomme la « Sorcière du son »…
Elle décroche un nouveau succès international avec le 45 tours Babooshka, qui contribuera à la popularité de l'album dont il est extrait, Never For Ever (1980).
Elle revient avec The Dreaming (1982). Ce disque ne bénéficie pas d'un accueil à la hauteur de son ambition, mais il est souvent considéré par les admirateurs de Kate Bush comme son meilleur album.
Kate Bush disparaît alors quelques années, pour mieux réapparaître, au zénith de sa forme créatrice, avec l'album Hounds of Love (1985) (avec la collaboration du compositeur de musique de film Michael Kamen). Porté par des titres tels que Running Up That Hill, Cloudbusting, Hounds of Love ou The Big Sky, sans oublier l'envoûtant Hello Earth, c'est l'album de la consécration (critique et commerciale) planétaire : en effet, cette fois-ci, les États-Unis sont conquis.
Surfant sur le succès de Hounds of Love, son duo avec Peter Gabriel sur la chanson Don't Give Up sur l'album So de 1986 lui permet de conquérir un nouveau public et elle reçoit début 1987 le prix de la meilleure interprète féminine de l'année en Grande-Bretagne.
Les albums suivants, The Sensual World (1989) - où l'on remarque les participations de David Gilmour ou Alan Stivell - et The Red Shoes (1993) ne rencontreront pas le même succès en Europe, même si Kate Bush garde une certaine popularité en Grande-Bretagne où ces 2 albums atteindront la 2ème place des charts. Son album The Red Shoes, porté par ses collaborations avec Prince, Gary Brooker (Procol Harum) et Eric Clapton, lui permettra d'entrer pour la deuxième fois de sa carrière dans les charts américains.
Le 7 novembre 2001, Kate reçoit la récompense "Q award" pour l'ensemble de sa carrière.
L'année suivante elle retrouve son vieil ami David Gilmour sur scène pour interprêter avec lui, avec énormément de sensibilité, "Comfortably Numb", extrait de "The Wall" de Pink Floyd.
Son nouvel album, un double CD intitulé Aerial, est sorti le 7 novembre 2005. Le premier extrait de l'album, le single King of the Mountain, est paru le 24 octobre 2005.
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