mercredi, 19 décembre 2007

L’oeil divin, ou ce que voit le Bouddha

L’oeil divin, ou ce que voit le Bouddha

 

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La "claire vision" est fruit de l’Eveil et de la méditation. Un texte des écritures bouddhistes décrit les claires visions du Bouddha au cours de la nuit de l’Eveil.

Par Michel Henri Dufour

“Voir clair” est une notion récurrente dans l’Enseignement du Bouddha car c’est en fait le but ultime de la discipline bouddhique de vie, le fruit de l’Éveil. Cela peut également constituer une étape importante sur la Voie, en tant que résultat d’une pratique méditative intensive et bien orientée.

La tradition bouddhique reconnaît six pouvoirs supranormaux issus du développement de la méditation. Bien que ces pouvoirs ne soient pas essentiels à la libération, il représentent une aide non négligeable dans la compréhension de l’être et du monde.

L’un de ceux-ci, dont tous les autres émanent d’une certaine manière, est “l’œil divin” (pâli* : dibbacakkhu), communément appelé clairvoyance, permettant de percevoir les phénomènes des différents mondes d’existence, terrestres ou non terrestres, proches ou lointains, inaccessibles à l’œil physique de l’homme non perfectionné. Il fait également partie de la “connaissance triple” (pâli : tevijjâ), issue de l’émancipation par la connaissance transcendante, attribuée aux libérés ou “méritants” (pâli : arahâ). Il implique la connaissance relative à la mort et à la renaissance des êtres, la connaissance du futur et des renaissances des êtres en fonction de leurs actions bénéfiques ou néfastes.

Certains textes (pâli : sutta) du Canon bouddhique primitif exposent la manière dont ces différents pouvoirs surgissent chez Siddhatta lors de son Éveil progressif, chacun apparaissant en séquences dont les éléments sont mutuellement conditionnés. Pendant la nuit précédant son Éveil total, juste après sa victoire sur Mâra (le “Tentateur", les passions, les peurs, les voiles de l’esprit), Siddhatta acquit successivement : la connaissance de ses existences précédentes, au cours de la première veille, “l’œil divin”, au cours de la seconde veille, et la vision directe dans les séries des causes et des effets, au cours de la troisième veille.

Traditionnellement cette vision supérieure (pâli : abhiññâ) était attribuée au Bouddha et certains “méritants” la possédaient également. Elle est même attestée de nos jours, chez des grands maîtres Théravâda, comme le Vénérable Ajahn Mun, qui vécut en Thaïlande dans la première moitié de ce siècle. Il a cependant toujours été bien spécifié, dans la pratique bouddhique originelle, qu’ils ne sauraient constituer un but en soi. En raison de son caractère mondain (c’est-à-dire encore soumis aux “trois marques” : insatisfaction, non-permanence et non-soi) il est dangereux de s’y attacher, ils ne sont que des à-côtés susceptibles d’être expérimentés par certaines personnes. C’est ainsi que de nombreux pratiquants s’illusionnent et pensent être parvenus au but ultime sur la simple foi de ces réalisations.

Ces pouvoirs, auxquels il est possible d’accorder une réalité, peuvent faire l’objet de plusieurs lectures – culturelle, sociologique, philosophique, religieuse – lectures n’étant pas nécessairement exclusives l’une de l’autre. Quoi qu’il en soit ils sont chargés d’un enseignement fondamental (élément qui, dans le bouddhisme, est toujours présent, sous-jacent aux divers exposés poétiques et légendes) : la réalisation de l’interdépendance, de la non-séparation de tout ce qui existe (phénomènes physiques ou mentaux, intérieurs ou extérieurs, proches ou lointains, visibles ou invisibles). La sagesse issue de l’Éveil (total du Bouddha ou partiel du “méritant”) débouche immanquablement sur la compassion à l’égard de tous ces phénomènes et de tout ce qui vit. L’une ne pouvant exister sans l’autre, tout comme l’avers et le revers d’une pièce de monnaie.

Ce que voit le Bouddha, selon les textes

« Durant la première veille de la nuit, sa vision intérieure ne connut plus d’obstacle. C’est ce que l’on désigne par “l’ouverture de l’œil divin”. Alors, il orienta son attention vers le passé ; il vit son passé et celui d’innombrables êtres formant une chaîne ininterrompue à travers les éons et les ères terrestres.

Dans la seconde veille, son œil de la sagesse s’ouvrit encore davantage et il contempla le spectacle de l’univers entier comme un miroir sans tache. Il vit les êtres naître et mourir, chacun selon son karma, les lois de la cause et de l’effet. Voyant que la naissance et la mort se produisent suivant la chaîne de la causalité, il embrassa le cycle de tous les êtres. Il considéra les heureux et les malheureux, les glorieux et les humbles, suivant chacun leur chemin. Il examina comment, ignorants et douloureux, tous étaient emportés par les vagues déchaînées de la naissance, de la vieillesse, de la maladie et de la mort.

Durant la troisième et dernière veille, il s’attacha à déraciner cette souffrance pour toujours. Il avait clairement compris les chaînons de l’interdépendance où chaque stade est produit par une cause précédente, la cause originelle étant l’ignorance. Et il saisit combien les êtres étaient animés par le mouvement de la puissance du karma. Et maintenant son œil divin cherchait les moyens de la libération. Il vit que, par la cessation de la naissance, ni la vieillesse ni la mort ne pourraient se produire ; par la cessation du devenir, il n’y aurait plus de naissance ; par la cessation de l’avidité, il n’y aurait plus de devenir, et ainsi de suite en remontant l’enchaînement des causes jusqu’à l’ignorance. Il eut donc l’intuition de la souffrance et de la cause de la souffrance, de la cessation de la souffrance et de la voie de la cessation de la souffrance.

À la fin de la troisième veille, aux premières lueurs de l’aube, le Bodhisattva vit à travers les ultimes traces de l’ignorance jusqu’en soi. Il avait atteint l’Éveil absolu et était devenu le Bouddha. »

(Sherab Chödzin Kohn, d’après les Écritures bouddhiques)

* langue, issue du sanscrit védique, dans laquelle furent rédigées les Écritures bouddhiques à l’origine (voir : Dictionnaire pâli-français du bouddhisme originel, Michel Henri Dufour, éditions Les 3 Monts, 1998).

bibliographie

Lire en priorité : – Sur les traces de Siddharta, Thich Nhat Hanh, J. C. Lattès, 1996

Voir également : – La vie du Bouddha, André Ferdinand Herold, Dharma, 1993 – La vie du Bouddha, A. Foucher, J. Maisonneuve, 1987 – Lalitâvistara, Sand, 1996 – La merveilleuse légende de Siddhartha Sakya Mouni Bouddha, Claude Aveline, Claire Lumière, 1987.

Octobre 2000

mardi, 18 décembre 2007

Babaji

 

La région indienne du Kumaon est située au pied de l’Himalaya. En ce lieu sont nés et ont vécu quelques uns des plus grands saints de l’Inde. C’est là que résidait HAIRAKHAN VALE BABA qui a tout de suite affirmé être le Shiva Mahavatar Babaji mentionné dans le livre « AUTOBIOGRAPHIE D’UN YOGI » de Paramahansa Yogananda. En tant que Maha Avatar, (manifestation du Divin sous une forme humaine, non née d’une femme), Babaji s’est sans cesse manifesté sur terre dans un corps divin depuis le début de la création. 

 Hairakhan Vale Baba

 

Bhole Baba ki Jay!!

 OM Namah Shivay

Une telle manifestation de Babaji, relatée dans un certain nombre de livres et dont de nombreux habitants des environs ont été témoins, s’est produite autour de 1800. De nos jours encore, plusieurs personnes se souviennent de Lui. À cette époque, Babaji voyageait beaucoup dans la région du Kumaon, réunissant autour de lui plusieurs dévots et disciples. Certains évènements inhabituels comme le changement de Sa forme, Son apparition simultanée en différents endroits et des guérisons miraculeuses de malades ou de mourants ont été rapportés. 

Assis à la surface de l’eau, à la confluence des rivières Kali et Gori, Il dématérialisa cette forme en disparaissant dans une boule de lumière, en 1922. Plusieurs dévots ont également été témoins de cet évènement. Plusieurs lamas tibétains vinrent Lui rendre visite et reconnurent en Lui, Lama Baba qui vécut au Tibet, il y a quelques siècles. Il existe également des récits de ses apparitions au Népal.

Babaji apparut en 1970 dans la grotte sacrée historique située au pied du Mont Adi Kailash du Kumaon à Hairakhan (un petit village de la région). Il se matérialisa sous les traits d’un jeune homme de dix-huit ou vingt ans. Plusieurs personnes qui Le virent simultanément sous différentes formes et en différents endroits firent l’expérience de Son pouvoir divin. En septembre de la même année, Il démontra encore Ses pouvoirs yoguiques lorsqu’il fit l’ascension du Mont Kailash et resta assis au sommet sans manger ni dormir pendant quarante-cinq jours. 

Babaji passa la majeure partie des quatorze années (1970-84) de cette manifestation à Hairakhan où Il fonda un magnifique ashram (demeure) spirituel et édifia neuf temples sur la berge de la rivière Gautami Ganga. La région d’Hairakhan et du Mont Kailash du Kumaon ont été spirituellement honorées durant des siècles par le pouvoir des tapasyas (pénitences) du Seigneur Shiva. Le temple principal d’Hairakhan a été construit par l’ancien Hairakhan Baba en personne. Babaji a bâti plusieurs autres temples et ashrams en Inde. En contrebas de Ranikhet, dans un petit village du nom de Chilianaula avec une vue sur les pics enneigés de l’Himalaya, Il édifia un grand et magnifique temple et ashram. 

Des milliers de disciples de différents pays continuent de recevoir les bénédictions de Babaji en étant mystiquement inspirés à suivre la voie spirituelle à travers des évènements extraordinaires, des rêves et des visions. De nombreux centres spirituels dédiés à Babaji ont été fondés à travers le monde. Il a déclaré qu’Il était venu raviver la religion éternelle – Le Sanatan Dharma – et réformer la mentalité même des hommes, mettant l’accent sur trois préceptes de base du Dharma (qualité inhérente) : VÉRITÉ, SIMPLICITÉ et AMOUR. Il a prédit que l’humanité serait en danger durant la période du Kali Yuga (l’âge sombre), du fait d’une augmentation rapide du matérialisme et du déclin des valeurs spirituelles. Il a également prédit une destruction, une révolution et un changement physique considérable au cours de ce siècle. Il disait que seuls ceux qui vénèrent sincèrement Dieu, répétant Son nom et vivant en harmonie dans la vérité et l’amour, survivraient. « Le nom de Dieu est plus puissant que n’importe quelle bombe atomique » disait-Il. Il a promis un monde nouveau, un nouvel âge, un nouveau royaume religieux après cette destruction. Babaji, en tant que manifestation du Seigneur Shiva, insistait sur la répétition constante du Maha Mantra (la plus grande expression Divine) OM NAMAH SHIVAY (Je m’incline devant le Seigneur Shiva) pour permettre à l’homme d’être constamment concentré sur le Tout-puissant. La répétition constante (japa) du Mantra produit une intensification de la foi et de la dévotion. La présence subtile de Babaji guide et inspire continuellement des dévots à diffuser Ses enseignements éternels au loin, touchant ainsi tous les cœurs de Sa Divinité.

Babaji abandonna Son corps physique le 14 février 1984.  Il était venu donner un message au monde. Il partit après avoir incarné Ses enseignements et achevé Sa mission. Son dernier message est gravé dans une pierre conduisant aux escaliers du Temple d’Hairakhan : « JE SUIS TOUJOURS AVEC VOUS. »

Babaji insistait sur le service désintéressé à l’humanité comme la forme la plus élevée de Karma Yoga. Il souhaitait améliorer le niveau de santé précaire de la population du Kumaon. Le Haidakhandi Samaj (association), respectant le souhait de Babaji et avec Sa bénédiction suprême, gère des hôpitaux caritatifs dans un but non lucratif. L’un à Hairakhan assure au quotidien, des consultations et des soins médicaux de base avec de bons équipements, pour tous les villageois des alentours de l’ashram. L’autre, à Chilianaula, Ranikhet, dispose d’un médecin allopathe à plein temps, d’une unité de radiologie, d’un laboratoire de pathologie, d’une unité d’ophtalmologie, d’un service d’odontologie et d’une unité complète d’Ayurveda. Ces équipements permettent à la population d’avoir facilement et rapidement accès à une assistance médicale à faible coût.

Babaji insistait sur un même respect et une même reconnaissance de toutes les religions. Il disait que le service désintéressé était la forme la plus élevée d’humanité. Babaji continue d’accorder Son amour, Ses bénédictions et sa Grâce sur chacun et sur tous, sans distinction de caste, de croyance, de situation sociale, de culture ou de nationalité.    

BHOLE BABA KI JAY